Mesure tension artérielle

Sommaire

Maladie sans symptômes, l'hypertension favorise des maladies graves telles que les accidents vasculaires cérébraux, les infarctus, les œdèmes pulmonaires ou encore la destruction des reins.

En France, on estime à 12 millions les personnes soignées pour une hypertension artérielle, sachant que les Français connaissent moins souvent leurs chiffres de pression artérielle (PA) que les autres pays occidentaux (seule la moitié des hypertendus se savent être hypertendus), et que la proportion des hypertendus traités (50 % des patients) est également plus faible dans notre pays. Parmi les facteurs favorisant l'hypertension, on trouve le diabète, le surpoids, les maladies rénales, ou encore l'hérédité.

Les personnes concernées par ces troubles doivent donc surveiller scrupuleusement leur tension, que ce soit en cabinet médical ou par auto mesure. Le point dans cette astuce.

Qu'est-ce que la tension artérielle ?

La tension artérielle, ou pression artérielle, représente la pression exercée par le sang sur la paroi des artères.

Elle est exprimée par deux chiffres :

  • Le plus élevé représente la pression artérielle systolique, c'est-à-dire la pression liée à la contraction du cœur.
  • Le second chiffre est celui de la pression exercée par le sang lorsque le cœur se relâche et se remplit. C'est la pression diastolique.

Bon à savoir : la tension artérielle varie énormément au cours d'une journée, en fonction de l'activité physique, des émotions ou encore du flux hormonal.

La tension artérielle est très variable, aussi bien chez une même personne qu'entre deux personnes différentes. Elle est influencée par de nombreux facteurs :

  • âge ;
  • prise de poids ;
  • habitudes alimentaires ;
  • sédentarité ;
  • mais aussi émotions, activité physique ou stress.

En tant qu'indicateur de santé, son suivi est important.

Selon l'OMS, l'hypertension vient en 2ème position sur la liste des facteurs diminuant le nombre d'années de vie en bonne santé :

  • Elle peut avoir des conséquences graves sur les différents organes au fil du temps.
  • Dans la majorité des cas, elle est dite « essentielle », c'est à dire sans cause connue pour expliquer son apparition. Dans 10 % des cas, elle est consécutive à une autre maladie et enfin, dans de rares cas, elle est la conséquence d'une mutation génétique.

Bon à savoir : depuis quelques années, la recherche se tourne vers l'étude des formes atypiques d'hypertension résistante et sur la mise au point de nouveaux traitements.

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et, en France, l'ANAES (Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé), ont défini des normes pour définir l'hypertension. Ainsi, il y a hypertension si l'une ou l'autre des pressions artérielles se situe au-delà des normes suivantes :

  • systolique,14 (140 mm de mercure) ;
  • diastolique, 9 (90 mm de mercure).

Chez les personnes hypertendues traitées, l'objectif à atteindre est une moyenne de 130 mmHg pour la pression artérielle systolique (un patient fragile, âgé, avec de nombreuses comorbidités peut être stabilisé entre 135 et 140 mmHg tandis qu'un patient jeune et en bonne santé, plutôt entre 120 et 115 mmHg). Dans l’insuffisance rénale chronique, de nouvelles recommandations visent des chiffres compris entre 135 et 120 mmHg. Pour la pression diastolique, tous les patients doivent être entre 80 et 70 mmHg.

Source : 32e congrès de la Société européenne d’hypertension (ESH, Milan, 23 au 26 juin 2023).

Les bonnes pratiques de mesure de la pression artérielle

Chez l'adulte

Pour réaliser une mesure efficace de la tension artérielle, celle-ci doit :

  • être réalisée en position assise ou couchée ;
  • intervenir après quelques minutes de repos, sans parler et sans avoir fumé ;
  • être réalisée sur les deux bras (à la recherche d’une asymétrie, on estime qu'il y a un sur-risque cardiovasculaire au-delà de 15 mmHg de différence) ce qui permet aussi, le cas échéant, de déterminer quel est le bras de référence (celui à la tension la plus élevée) ;
  • être renouvelée en position debout à la recherche d’une hypotension orthostatique (notamment chez les plus de 65 ans, les diabétiques…), c’est-à-dire baisse d’au moins 20 mmHg de la PA systolique et d’au moins 10 mmHg de la PA diastolique dans les 3 minutes suivant le passage debout.

Il faut réaliser 3 mesures consécutives à 1 minute d’intervalle avec un tensiomètre oscillométrique automatique, les deux dernières mesures étant moyennées pour définir le niveau de PA dans le cadre du diagnostic ou du suivi de l’HTA.

Source : Denoll T et al. Recommandations sur la mesure de la pression artérielle. Consensus d’experts de la Société française d’hypertension artérielle (SFHTA). La Presse Médicale In Press, Corrected Proof, Available online 13 November 2019.

Chez l'enfant

L’enfant sera idéalement assis depuis 5 minutes et au calme, pieds posés sur le sol (ce qui n’est pas toujours facile à obtenir !).

La mesure doit être faite au bras droit car ce site est épargné en cas de coarctation aortique, et non au bras gauche, comme on le fait souvent chez l’adulte. La mesure doit par ailleurs être réalisée avec un brassard de taille adaptée, de préférence par technique auscultatoire, car les tensiomètres oscillométriques surestiment la pression artérielle.

En cas de chiffres anormalement élevés, elle sera vérifiée lors de deux autres consultations à un mois d’intervalle, voire moins en cas de risque élevé. La mesure ambulatoire de la pression artérielle est recommandée chez les enfants mesurant plus d’1,20 m mais pas chez les plus petits, car elle peut être mal tolérée.

Source : HTA de l’enfant et de l’adolescent. Consensus d’experts de la Société française d’hypertension artérielle.

Intérêt de la mesure de sa tension

La tension est un bon indicateur de santé.

De plus, l'hypertension est silencieuse et sans symptômes. Aussi, vérifier sa tension de temps à autre est important pour :

  • surveiller son état général, d'autant plus quand on est « à risques », c'est-à-dire si l'on a un parent hypertendu, si on est en surpoids, si on est diabétique ou avec un taux de cholestérol élevé, cela fait partie des mesures de prévention des AVC et des maladies coronariennes ;
  • surveiller l'efficacité de son traitement pour l'hypertension si on est déjà hypertendu.

Bon à savoir : chez les diabétiques, la mesure régulière de la tension est essentielle pour prévenir rétinopathie et néphropathie et surtout pour limiter leur aggravation.

Chez l'enfant, les recommandations conseillent de mesurer au moins une fois par an la pression artérielle chez les plus de 3 ans, l’HTA étant le plus souvent asymptomatique. Avant 3 ans, la tension artérielle sera prise en cas de faible poids de naissance, de pathologie rénale ou cardiaque, de transplantation, de maladies comme la neurofibromatose ou la sclérose tubéreuse de Bourneville pouvant se compliquer d’HTA.

Comment surveiller sa tension ?

On peut faire surveiller sa tension par son médecin, mais il existe d'autres moyens :

  • en officine ;
  • chez soi, au moyen d'un appareil d'auto mesure (ou AMT pour automesure tensionnelle).

L'intérêt des appareils d'auto mesure, c'est qu'ils évitent l'hypertension de la « blouse blanche » :

  • Les patients pouvant être angoissés dans un cabinet médical, et à la vue d'un médecin, leur tension est parfois amenée à monter ou à baisser ponctuellement le temps de ces rencontres.
  • Les mesures sont alors faussées et peuvent conduire à un diagnostic erroné.

Avec un appareil d'auto mesure, ce risque est diminué. Pour la SFHTA, « la valeur pronostique de l’AMT est supérieure à celle de la mesure réalisée au cabinet médical ». De plus, cet équipement permet un meilleur suivi de l'efficacité d'un traitement hypertenseur en rendant les prises de tension plus régulières.

Ainsi, il est recommandé de réaliser des mesures en dehors du milieu médical (AMT) avant de débuter un traitement antihypertenseur ou avant de modifier la posologie du traitement antihypertenseur.

À noter : selon une étude publiée dans European Heart Journal, les patients qui prennent leur traitement à l’heure du coucher ont non seulement un meilleur contrôle de leur tension mais également un risque significativement plus faible de survenue d’un événement cardiovasculaire (décès par trouble cardiaque, infarctus, insuffisance cardiaque ou un AVC), par rapport à ceux ingérant tous leurs médicaments au réveil. Toutefois, une analyse présentée lors du 32e congrès de la ESH, il a été démontré que ces données étaient très controversées. En effet, une majorité d’études ne montrent pas de différence. La conclusion générale était qu’à ce jour, il n’existe pas d'arguments clairs pour recommander une prise nocturne plutôt qu’une matinale.

Prise de tension en auto mesure

Lorsqu'on prend sa tension seul, il est important de respecter la « règle des 3 » :

  • 3 mesures le matin ;
  • 3 mesures le soir ;
  • 3 jours de suite (ou plus suivant les conseils de son médecin).

Il est important ;

  • de mesurer sa tension toujours au même horaire, en raison des variations de la tension au cours de la journée ;
  • de se reposer quelques minutes avant toute mesure (qui doit s'effectuer en position assise) ;
  • d'attendre au moins 1 minute entre 2 prises de tension.

Bon à savoir : la tension pouvant être différente entre les 2 bras, il est intéressant de mesurer la tension au préalable dans les 2 bras, puis de la prendre toujours au bras présentant la tension la plus élevée (bras de référence).

Dans le cas particulier d'une grossesse, il faut également être très prudent et prendre la tension de la future maman afin de prévenir tout risque d'hypertension gestationnelle.

À noter : les montres connectées, aujourd'hui capables de prendre la tension, ne sont pas recommandées car elles ne mesurent pas directement la pression artérielle au niveau de l'artère radiale et présentent des technologies variables (source : d'après un entretien avec le Pr, Michel Azizi, chef de service, Centre d’excellence en hypertension artérielle, Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris).

Pour approfondir :

Ces pros peuvent vous aider